émission du 12/02/07
 
Autobiographies
 
Compositeur
Oeuvre
Disque
Durée
Scelsi
Hyxos
 
Générique
Laszlo Sary
Studies en steam engines
L.Sary, 2
8’15
Laslo Sary
Locomotive Symphony
L.Szary, 1
16’45
Claude Vivier
L’enfance
C.Vivie,r CD2, 1 à 4
9’25
Claude Vivier
La mort, après la mort
C.Vivier, CD2, 9 à 11
19’34
 
Dissonances, une émission de Bernard Girard consacrée à la musique contemporaine avec aujourd’hui des oeuvres de Laszlo Sari et Claude Vivier
Bonjour,
L’un des plaisirs que j’ai à faire cette émission est qu’elle me force à l’audace, à la découverte. Chaque semaine, je dois trouver de nouvelles oeuvres, voire de nouveaux compositeurs. J’ai mes pistes, mes réseaux, mes lieux de prédilection pour ces voyages dans un univers qui parait en expansion constante tant le nombre de ceux que je ne connais pas, dont je n’ai jamais entendu parler augmente à mesure que j’avance.
L’un de mes exercices préférés, l’un des plus risqués est de me rendre rue de Vaugirard, à la Chaumière à musique, un disquaire spécialisé dans les disques d’occasion qui a un beau fond de musique contemporaine qu’enrichissent régulièrement les journalistes et critiques les plus connus, ceux auxquels les musiciens et producteurs envoient régulièrement leurs parutions dans l’espoir qu’ils en parlent et les fassent connaître.  C’est un pari souvent perdu et ces disques se retrouvent dans les bacs de ce disquaire où je viens régulièrement fouiller.
Ce samedi j’y ai trouvé un disque tout à fait insolite d’un musicien hongrois, Laszlo Sari, que je ne connaissais pas et sur lequel j’ai eu un peu de mal à me renseigner puisque même sur internet, on ne trouve que peu d’informations sur son travail. Il a, cependant, publié plusieurs disques et réalisé quelques oeuvres insolites, comme cette symphonie de la locomotive que nous allons entendre dans quelques instants.
Les bruits industriels ont inspiré de nombreux compositeurs, de Varès à Eliane Radigue, en passant par Stockhausen. Les  locomotives en ont fait rêver d’autres, comme Honneger, Luc Ferrari et, bien sûr, chez les chanteurs de blues. Mais rarement un compositeur en aura fait son instrument comme Laszlo Sary qui l’a utilisé dans plusieurs de ses oeuvres. Je vous propose d’écouter tout de suite des études pour machines à vapeur qu’il a composées il y a quelques années.
Studies for steam engines
Pas de doute, ce sont bien des locomotives en train de manoeuvrer dans une grande gare que nous entendons. Mais c’est en même temps toute la magie de la composition : ces locomotives font de la musique.
Laszlo Sary a dédié le disque dans lequel on trouve ces différentes pièces à son père qui était chef de gare et l’on peut penser qu’en se lançant dans ces compositions, il s’est replongé dans l’univers sonore de son enfance. Certains se souviennent de scènes, de paysages, de parfums, un musicien a gardé en mémoire des bruits, des sons que la technologie permet aujourd’hui d’exploiter pour faire de la musique.
Et puisque nous avons commencé d’écouter ses pièces construites d’après des bruits de machines à vapeur, voici sa Symphonie pour locomotive.
Symphonie pour locomotive
C’est en lisant une interview de Paul Griffiths, le critique du New-York-Times alors je préparais une émission sur Jean Barraqué que j’ai découvert Claude Vivier. Je connaissais de nom ce compositeur canadien né en 1948 et mort en 1983, sans connaître sa musique. Ce qu’en disait Griffiths m’a donné envie de mieux le connaître et je suis donc parti à la recherche de disques. J’en ai trouvé d’oeuvres vocales qui datent du début des années 70 qui sont dans un univers très différent de celui de Sary comme on pourra en juger dans quelques instants.
Claude Vivier a eu une vie difficile, compliquée, douloureuse. Enfant, il n’a pas connu sa mère, séminariste il a été expulsé pour manque maturité, expression qui cachait sans doute bien autre chose que les bonnes manières interdisait alors de dire. Étudiant au Conservatoire de Montréal avant de devenir l’élève de Stockhausen, il a choisi, sans se tenir forcément à l’écart de l’avant-garde, de créer une oeuvre qui emprunte beaucoup à l’intimité et à l’autobiographie, ce qui, au delà de l’histoire de mes découvertes dont j’ai parlé, le rapproche Laszlo Sary. Tous deux ont écrit à l’ombre de leur enfance.
C’est ce que fait Claude Vivier dans Journal, une oeuvre qui comprend quatre morceaux : L’enfance, l’amour, la mort, après la mort. Je vous propose, d’abord, d’écouter l’enfance, un morceau dans lequel il est fait allusion à des comptines enfantines (pomme de reinette et pomme d’api, tapis tapis rouge, pomme de reinette et pomme d’api, tapis tapis gris), à Lewis Carroll, à Mr Pickwick et à plein d’autres personnages de l’univers enfantin.
L’enfance
C’est une musique subtile, délicate, écrite par quelqu’un qui avait connu l’école sérielle, qui l’avait traversée pour trouver une voie originale. Voie que l’on retrouve dans ces deux autres extraits de ce journal interprétés par l’ensemble Les jeunes solistes : la mort, après la mort
La mort, après la mort
 
 
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