émission du 15/10/06
 
Quatuors
 
Compositeur
Oeuvre
Disque
Durée
Scelsi
Hyxos
 
Générique
Cage
Four
USA, 14
20’
Boucourechliev
Archipel I
Boucourechliev, 2
19’03
Kagel
String quartet 1
Kagel, 1
10’52
Berio
Quatuor n°1
Berio, 4
8’26
 
Dissonances, une émission de Bernard Girard consacrée à la musique contemporaine avec aujourd’hui des oeuvres de John Cage, André Boucourechliev, Mauricio Kagel et Luciano Berio.
Bonjour, nous avons terminé l’émission de la semaine dernière avec un extrait trop court d’une oeuvre pour quatuor à cordes de John Cage, Four, une oeuvre qui, je le disais, rappelle celles de Morton Feldman. Et comme pris par le temps, je l’ai amputée, ce qui est injuste, je vous propose pour commencer cette émission de l’entendre dans sa version de 20’ dans l’interprétation qu’en donne le quatuor Arditti.
Four
En présentant cette oeuvre, je disais qu’il s’agissait de la version de 20’. Ce qui suggérait qu’il y en a d’autres, plus longues ou plus courtes. Il s’agit, en fait, d’une de ces oeuvres qui fait massivement appel au hasard. Chacun des musiciens joue de manière autonome sans partition pour coordonner les différentes parties. “Chaque instrumentiste, explique le musicologue Franck Mallet, dispose d’un matériau musical fait de brèves séquences comportant des notes isolées , dont la durée est soutenue généreusement dans un intervalle de temps variable.” On retiendra de cette présentation rapide de l’oeuvre l’absence de partition commune qui suppose que les instrumentistes travaillent ensemble et se coordonnent vraiment. C’est l’un des points forts des quatuors que cette capacité à se coordonner, capacité qu’ils mettent en oeuvre dans des oeuvres comme ce Four de John Cage, mais aussi bien dans des oeuvres de forme plus traditionnelle.
Cette obligation de se coordonner, de s’entendre mutuellement revient en permanence dans les propos des membres de ces formations. L’exercice est en effet particulièrement difficile, plus difficile que dans un duo, tout simplement parce que se coordonner à quatre est plus compliqué qu’à deux, plus difficile que dans un orchestre puisqu’il y a là un chef dont c’est la fonction.
Cette capacité des instrumentistes qui jouent dans des quatuors a sans doute contribué au succès des formations de ce type dans la musique contemporaine. Beaucoup de compositeurs ont écrit des quatuors et quand on les regarde de près on découvre que beaucoup ont joué sur ce dialogue entre l’alto, les violons et le violoncelle. On retrouve ce même souci du dialogue entre instrumentistes dans Archipel 2 d’André Boucourechliev, une pièce composée en 1969. Chaque exécutant dispose de deux partitions, l’une avec des sons statiques, l’autre avec des “événements sonores” que l’interprète convoque lorsqu’il le juge utile, ce qui suppose qu’il écoute très attentivement ce que jouent ses collègues mais aussi qu’il anticipe leurs décisions, un peu à la manière des musiciens de jazz.
Voici cet Archipel II dans l’interprétation du quatuor Ysaÿe.
Archipel II
De tous les ensembles musicaux, le quatuor est certainement le plus élégant, le plus sophistiqué. Mais aussi le plus austère. Parce qu’il se prête à une musique que l’on joue dans l’intimité d’un salon, parce que le jeu des cordes favorise l’expression intime du compositeur. On sait la place qu’ont occupé leurs quatuors dans les oeuvres de Haydn ou de Beethoven. Il aurait été bien surprenant que des compositeurs ne tentent pas de détourner le quatuor, ne s’amusent pas à faire subir à ses instruments le sort que Cage imposait au piano qu’il préparait. Kagel n’y a pas manqué dans son premier quatuor, pièce écrite en 1965-1967, dans laquelle chaque instrument est préparé avec des allumettes, trombones,  aiguilles à tricoter, bandes de papier… ce qui contribue à modifier le son, à transformer le son des cordes en bruits. Dans la même veine iconoclaste, le compositeur a, par ailleurs, demandé aux instrumentistes de jouer de l’espace, à la manière de comédiens. Les musiciens apparaissent les uns derrière les autres, de différents points de la scène et jouent un rôle. La partition prévoit, d’ailleurs, à coté des notations musicales des indications scéniques : manière de se comporter, de se tenir…
String Quartet 1
Nous avons écouté, au cours de cette émission plusieurs oeuvres écrites dans les années 60 par des compositeurs qui avaient été très actifs dans la décennie précédente dans la révolution sérielle. Je vous propose, pour terminer cette émission, consacrée au quatuor, d’écouter une oeuvre composée par un autre des acteurs de cette période : Luciano Berio. Il s’agit de son premier quatuor qu’il a écrit en 1956 et qui manifeste bien le goût de cette génération pour une écriture musicale complexe qui fait la part belle aux permutations, à la fragmentation du discours musical, au travail sur les hauteurs…
Quatuor n°1
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